Pourquoi trier ses déchets en restauration collective ?

trier ses déchets en restauration collective

« Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion, conformément à la réglementation. Il est responsable jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers (article L541-2 du code de l’environnement). » (Ademe)

Chaque établissement est responsable de ses déchets et est tenu de respecter les réglementations concernant le tri de certains déchets.

Prenons le cas des huiles alimentaires usagées, le code de la santé publique prévoit l’interdiction absolue de rejet des huiles alimentaires dans les rejets d’eaux usées (article R. 1331-2). Depuis le 1 er janvier 2012 tout producteur d’huiles alimentaires usagées doit être en mesure de démontrer que ses déchets sont collectés et revalorisés via des installations de traitement et de recyclage agréées. Le seuil pour être considéré comme producteur d’huiles alimentaires usagées est des 60L/an au 1er janvier 2016 (article R 543-227 du code de l’environnement).

Les résidus des bacs à graisses sont également soumis à une réglementation stricte. C’est un prestataire extérieur et agrée qui s’occupe de vidanger les bacs à graisses et de récupérer les résidus qui feront l’objet d’un traitement spécialisé comme le prévois l’article L 541-3 du Code de l’environnement.

Ces deux familles de déchets sont donc triées par des prestataires extérieurs.

Qu’en est-il des emballages et des biodéchets ?

Les gros producteurs de biodéchets (plus de 10 Tonnes de biodéchets par ans selon la loi 2010-788 du 12/07/10 ou loi des biodéchets) sont dans l’obligation de valoriser leurs biodéchets. Ce qui implique de séparer les biodéchets des déchets non alimentaires, mais également de s’assurer qu’ils soient valorisés (en biogaz, composte, etc.). C’est généralement un organisme extérieur qui doit être chargé de l’enlèvement et de la valorisation des biodéchets.

Que reste-t-il donc à trier ?

Pour les gros producteurs, il reste les emballages et les conditionnements. Quant aux petits producteurs de biodéchets, ils doivent trier leur biodéchets.

Pourquoi trier ?

Donner une seconde vie aux produits

Des matières comme le verre, certains plastiques, le carton, le papier, le bois, et le métal sont recyclables. Pourquoi incinérer une bouteille de verre cassée alors qu’elle peut être refondue, et remoulée pour créer un nouveau contenant ? En faisant  cela, on économise des ressources et de l’énergie. Par exemple 1 tonne de verre recyclé permet d’économiser 1,1 T de matière Première, 1,17 m3 d’eau, 1.46 MWh d’énergie et d’éviter le rejet de 0.5T.Eq. de CO(source « Verre avenir chiffre enjeux et mission").  

D’un point de vue plus général, une étude de FEDEREC et de l’ADEME, réalisée en 2017 a dressé le bilan environnemental du recyclage. Ils ont ainsi mis en évidence que sur l’année 2014, les filières de recyclage « ont permis d’éviter environ 4.9% des émissions totales du territoire français et 10.3 % de la consommation d’énergie primaire pour la production d’électricité en France en 2014 » (Évaluation environnementale du recyclage en France selon la méthodologie de l’analyse de cycle de vie).

Créer de l’emploi localement

Le tri de déchets a une action environnementale pour le maintien des ressources et l’économie d’énergie, mais également une action sociétale permettant la création d’emploi.

Selon ORDIF (Observatoire Régional des Déchets d’Ile de France), en recyclant on augmente le nombre d’emplois, car le recyclage de 1000 tonnes de déchets demande beaucoup plus de main d’œuvre que l’incinérateur ou l’enfouissement. À titre d’exemple, il faut 1 personne pour enfouir 1000 tonnes de déchets, 3 pour les incinérer et 31 pour le tri des collectes sélectives publiques.

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